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Nuisibles en location : qui paie le traitement à Bruxelles ?

La question tombe toujours au pire moment, et la moitié des réponses qu'on trouve en ligne ne valent rien ici : elles décrivent le droit français.

Lecture 6 minMis à jour en août 2026
Illustration : responsabilité partagée entre propriétaire et locataire pour le traitement des nuisibles

Vous découvrez des punaises de lit dans votre chambre, des cafards derrière le frigo ou des crottes de souris dans un placard. Vous appelez votre propriétaire, il vous répond que ce n'est pas son problème. Ou l'inverse : vous êtes bailleur, votre locataire vous envoie une facture de désinsectisation et vous ne savez pas si vous devez la payer.

Avant tout, un avertissement qui vous évitera de perdre du temps. Si vous tapez la question dans Google, vous allez tomber sur des dizaines d'articles qui parlent de la loi ELAN, du logement décent et d'une présomption de responsabilité qui pèse sur le propriétaire. Tout cela est du droit français. Ça ne s'applique pas en Belgique, et ça donne aux locataires bruxellois une idée fausse de leur position.

Le point de départ : dans quel état le logement a-t-il été loué ?

En Région bruxelloise, un bailleur doit mettre à disposition un logement conforme aux exigences de sécurité, de salubrité et d'équipement fixées par le Code bruxellois du Logement. Un logement infesté au moment de la remise des clés n'est pas conforme. Sur ce point, il n'y a pas de discussion possible.

La conséquence est simple : si l'infestation existait avant votre entrée dans les lieux, la charge revient au propriétaire. Et le premier document qui compte, c'est l'état des lieux d'entrée. Un état des lieux détaillé, contradictoire, qui décrit un logement sain, protège les deux parties. Un état des lieux bâclé ou inexistant laisse la porte ouverte à six mois de discussion.

Ce qui change quand l'infestation apparaît en cours de bail

C'est là que le raisonnement belge diverge nettement du raisonnement français. Chez nous, l'idée directrice est celle de la cause : on regarde d'où vient le problème, pas qui possède les murs.

Si l'infestation découle de l'état du bâtiment, le propriétaire est concerné. Des rats qui remontent par une canalisation défectueuse, des cafards qui circulent dans les gaines techniques d'un immeuble, un nid de guêpes dans une corniche : le locataire n'y est pour rien, et il ne peut rien y faire seul.

Si l'infestation n'a rien à voir avec le bâtiment, la charge peut basculer vers l'occupant. Des punaises de lit ramenées dans une valise après un voyage, un canapé récupéré sur un trottoir de Saint-Gilles, des mites alimentaires venues d'un paquet de farine : le bâtiment n'a aucune responsabilité là-dedans.

À retenir

En Belgique, le locataire n'est pas automatiquement couvert par une présomption favorable comme en France. La question de savoir quand et comment l'infestation est arrivée détermine tout. D'où l'importance de faire constater les choses par écrit, tôt.

Comment on estime l'ancienneté d'une infestation

C'est souvent le nœud du dossier, et c'est un terrain technique. Un professionnel qui inspecte un logement peut donner des indications sérieuses sur la durée d'installation.

Pour les punaises de lit, on regarde le nombre de générations présentes. Quelques adultes isolés sans exuvies ni œufs indiquent une arrivée récente, quelques semaines tout au plus. Des mues de plusieurs stades larvaires, des amas de déjections sur les coutures du matelas et des œufs dans les fissures du sommier racontent une autre histoire : plusieurs mois, parfois plus d'un an. Une punaise adulte peut survivre longtemps sans se nourrir, ce qui explique qu'un logement resté vide plusieurs mois puisse en abriter encore.

Pour les rongeurs, on regarde l'état des crottes, le lustrage des passages contre les plinthes et l'ampleur des dégâts sur les gaines et les emballages. Un passage utilisé depuis longtemps laisse une trace grasse foncée que quelques jours de présence ne produisent jamais.

Ces constatations figurent dans notre rapport d'intervention. Ce n'est pas une expertise judiciaire, mais dans une discussion avec un bailleur ou un syndic, un document daté et détaillé change le ton de la conversation.

Le cas particulier des immeubles à appartements

À Bruxelles, une grande partie des dossiers concerne des immeubles, et là le raisonnement change encore.

Les cafards et les rongeurs circulent par les gaines techniques, les colonnes de vidange, les faux plafonds et les caves. Traiter un seul appartement dans un immeuble infesté revient à écoper un bateau sans boucher la voie d'eau : la population revient depuis l'appartement voisin en quelques semaines. Dès que les parties communes ou plusieurs lots sont touchés, c'est le syndic qui doit coordonner l'intervention, et les frais sont répartis selon les règles de la copropriété.

Si vous êtes locataire dans ce cas, écrivez à votre propriétaire et demandez-lui de saisir le syndic. Un traitement isolé payé de votre poche a de fortes chances d'être de l'argent perdu.

Meublé, kot, logement social

Dans un logement meublé ou un kot étudiant, le matelas, le sommier et le mobilier appartiennent au bailleur. Une infestation de punaises logée dans ce mobilier relève donc plus facilement de sa charge, puisque ce sont ses biens qui sont infestés.

Dans le logement social, la procédure passe par la société de logement. Elle dispose en général de son propre marché avec une entreprise de lutte contre les nuisibles, et le locataire n'a pas à avancer les frais. Signalez par le canal officiel et conservez une trace écrite de la demande.

Que faire, concrètement, et dans quel ordre

Un conseil qui vaut pour les deux camps : ne laissez pas le problème s'installer pendant que vous discutez de la facture. Une infestation de punaises double de volume en quelques semaines, et le traitement de trois pièces coûte bien plus cher que celui d'une chambre. Traiter d'abord, régler la question de la prise en charge ensuite, revient presque toujours moins cher aux deux parties.

Besoin d'un constat écrit ?

On identifie l'espèce, on estime l'ancienneté de l'infestation et on vous remet un rapport daté. Utile pour votre propriétaire, votre syndic ou votre juge de paix.

Cet article décrit la pratique courante en Région de Bruxelles-Capitale. Il ne remplace pas un avis juridique : votre bail peut contenir des clauses particulières, et chaque situation s'apprécie au cas par cas. Pour une question de droit, adressez-vous à un service d'information juridique, à votre assurance protection juridique ou au juge de paix de votre canton.

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